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Obama08

Dimanche 6 Janvier 2008
viserplushautbyghreener
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Viser plus haut quitte à entr’apercevoir le coin de ciel bleu qui nous reste.

À l’Amérique qui n’avale pas la fumée, Barak Obama avait répondu qu’il avait pourtant cru que c’était le but du jeu.

Le problème de Segolène Royal, c’était, entre autres, peut-être bien Hollande. Le problème d’Hillary, c’est peut-être bien Bill.

Bill Clinton fait partie de l’Histoire. Les feuilletons à rallonge, Hollywood en a fabriqué à la chaîne pendant des décennies. Même Washington inventait ses propres séries avec deux Bush pour le prix d’une deuxième guerre. Avec Hillary aussi, dans un tout autre genre, ça sent un peu la dynastie.

À ceux qui voulaient le taxer de toxicomane, Barak Obama a, en guise de mea-culpa obligatoire, classé la dirty cocaïne dans le dossier "erreurs de jeunesse". Point barre. Inutile de se renier.

Aux administrateurs et actionnaires de l’Axe du Mal, il avait conseillé, plutôt que de continuer à engranger les bénéfices des marchands d’armes, de se remettre à discuter, y compris avec ses ennemis.

Il peut être fier de ses premiers pas en Iowa, Barak Obama.
Ce n’est certes que l’Iowa et l’année sera longue. Mais tout de même.

Barak Obama vu depuis la France, donne un vrai sens au mot "rupture".
Les Etats-Unis doivent tourner la page de l’ère Bush et ils ne se contentent pas de le dire. C’est une lame de fond qui ne date pas d’hier et même à Hollywood, on a commencé à retranscrire la colère, la tristesse et le désarroi qui grondent. Je garde en mémoire un des plans du film de Paul Haggis, "Dans la Vallée d’Elah", avec Tommy Lee Jones hissant la bannière étoilée renversée et déboussolée.

Vu de l’autre côté de l’Atlantique, le résultat de l’Iowa n’a rien d’une rupture : c’est juste l’Amérique et sa formidable capacité à se réinventer en permanence, à reconnaître, à accepter ses erreurs et son égarement. L’Amérique ne prend jamais de gants pour critiquer et prendre les mesures nécessaires quand ses dirigeants politiques ou économiques risquent de la mener à sa perte.

Obama n’est ni un super-héros, ni un illuminé. C’est un citoyen américain ordinaire au parcours extraordinaire.
Les deux principaux leaders démocrates (Hillary Clinton et Barak Obama) n’étaient pas au Congrès en novembre 2007 pour applaudir le discours de Nicolas Sarkozy. C’est logique. On ne vient pas saluer la visite éclair de quelqu’un qui confond, conforté par ses clichés, la place centrale de l’individu dans une société avec un "moi d’abord" arrogant, bien loin du bien ou de l’intérêt commun.

À certains de mes amis américains qui s’émerveillent toujours devant la beauté de la France, avec ses musées chargés d’histoire et qui, parfois, en ressortant d’une salle du Louvre, impressionnés ou émus, ont la sensation de ne pas avoir de passé et nous envient nos siècles d’histoire, je réponds parfois que l’Histoire, l’Amérique y participe, elle la fait, pour le meilleur et parfois, certes, pour le pire. Notre art de vivre mais aussi les dorures des palais, l’architecture majestueuse de nos châteaux et nos cortèges de courtisans sont toujours très impressionnants. Mais est-ce suffisant ? Peut-on se contenter de féliciter Poutine pour marquer le coup ?
Nos politiques, de gauche comme de droite, sont-ils capables de nous proposer de vraies mesures pour nous sortir d’un pessimisme ambiant qui s’est incrusté dans notre société ?

J’observe avec une certaine gourmandise outre-atlantique, cette faculté à ne jamais paraître blasé. Oh bien sûr, tout n’est pas rose au pays de tous les rêves et de toutes les promesses. Pauvreté, prisons pleines à craquer, système scolaire très inégalitaire, la liste est longue. Mais une partie de la liste s’applique déjà à la France et à d’autres pays de l’union européenne. Entre 1997 et aujourd’hui, mes séjours aux Etats-Unis se sont multipliés et prolongés, parfois en années pleines. Et à chaque retour, j’ai de plus en plus l’impression que notre société française cumule (presque) tous les inconvénients d’une société libérale mais sans les avantages.

À ceux qui plastronnent qu’Obama n’aurait pas l’expérience nécessaire et suffisante pour écouter, diriger, redonner espoir à un aussi grand pays, je me permets de constater qu’ici en France, nous avons depuis des décennies des hommes et des femmes qui ont tous la même grande expérience politique.
Pendant la présidentielle française, il y avait d’un côté un enthousiasme forcé et donc un peu rigide et de l’autre un enthousiasme survolté et donc un peu préfabriqué.
Mais rien de cette spontanéité que nous offre les résultats de l’Iowa avec les 38% côté démocrate, pour Obama.

Mais l’Iowa est aussi une terre républicaine tendance "la Bible au mot près", et loin, très loin des frontières mexicaines, le discours de l’ancien prêcheur baptiste, Mike Huckabee, sur sa future traque de l’immigrant avec son complice, Chuck Norris, a remporté 30 % des suffrages républicains

La route est longue et cet état n’est qu’une voix des Etats-Unis parmi toutes les autres. La Californie n’est pas l’Amérique, ni la Floride, ni New York, ni Miami ou encore Denver.

Qui sera désigné pour hisser la bannière étoilée dans le bon sens ? Obama, peut-être bien.

L’année s’annonce passionnante.
Si l’Amérique devait se réveiller déçue, en Novembre prochain, par une victoire démocrate ou républicaine trop juste pour des questions de comptage par exemple, ou pas assez enthousiaste, alors nous pourrions être tous inquiets. Mais il y a fort à parier que les électeurs américains ne commettront pas les mêmes erreurs. Ce qui est fait appartient au passé.

Rendez-vous mardi 8 Janvier dans le New Hampshire.

Au moins, avec ce premier résultat pour Obama, l’année 2008 commence très bien.

Les Organisateurs du Festival de Cannes ont désigné le 3 Janvier, l’acteur et réalisateur Sean Penn comme président du jury du 61ème festival. Une autre belle nouvelle.
La fiction et la réalité convergeront-elles en 2008 ?



Je profite de cette chronique qui ouvre l’année, pour vous adresser, chères lectrices et lecteurs (et vous êtes de plus en plus nombreux à me lire, à me faire part de vos encouragements ou agacements via la Ghreener Mail Box, merci !) tous mes meilleurs vœux pour 2008.
Portez-vous bien.

Stephan

Stephan Ghreener
Tags : obama sean penn
Rédigé par Stephan Ghreener le Dimanche 6 Janvier 2008 à 00:00