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Chroniques d'un lancement

Vendredi 23 Novembre 2012
Un petit point sur ces dix derniers jours :
Le dépôt légal à la Bnf ? C'est fait. Référencement Electre, etc ? C'est fait.
L'impression des affiches pour les librairies partenaires ? c'est en cours.
C'est un peu la course, je dois l'avouer, mais c'est nécessaire. 

Les premières livraisons  chez les libraires ? C'est fait ! Voici les adresses :

Le Presse Papiers
31 rue rue Jouffroy d'Abbans
75017 PARIS

L'Oeil Ecoute
77 Boulevard du Montparnasse
75006 PARIS

Maison de la Presse
102 Grande Rue
76200 Dieppe

Libraire Le Point
193-197 rue de Bercy
75012 PARIS


(La liste des librairies où vous pouvez trouver "L'été des deux pôles" sera mise quotidiennement à jour sur ce blog et sur Facebook



Couverture "L'été des deux pôles" de Stephan Ghreener
Couverture "L'été des deux pôles" de Stephan Ghreener
Stephan Ghreener
Rédigé par Stephan Ghreener le Vendredi 23 Novembre 2012 à 10:48

Chroniques d'un lancement

Mercredi 21 Novembre 2012
5.37. 9 Novembre 2012
En temps normal, je ne suis pas superstitieux mais pour une fois, j'ai fait attention à ces détails. 5 pour 5 heures, car je devais avoir quitté Paris avant 6h30. J'avais besoin d'une bonne marge de manœuvre. Et 37 parce que j'ai 37 ans. Mon premier roman a été publié en Novembre 2002, j'avais alors 27 balais. Hier, vendredi 9 Novembre, en guise de réveil, j'ai vu défiler une décennie en accéléré. Des saveurs et des sentiments oubliés. Des faits et quelques futilités. En Février 2002, je rentrais de Californie, je n'avais plus d'appartement, j'étais hébergé chez des amis. 2002 ou l'art de redécouvrir Paris. Belleville, Porte d'Auteuil, la rue Greneta et j'en passe. 2002 l'année ou j'enchaînais les petits boulots, les castings, les figurations sur des tournages avec une énergie encore toute californienne. 2002 l'année où j'ai fini d'écrire "Saisie" sur la table d'une cuisine, la nuit car dans la journée, je travaillais chez Gap où je "foldais" des vêtements fabriqués en Asie, un continent à l'économie pas aussi triomphante qu'aujourd'hui. En 2012, le modèle économique de Gap paraît bien obsolète.  Déjà en 2002, j'écrivais avec de la musique en fond sonore.
"Saisie" est sortie en Novembre 2002, chez Atout Editions, une petite maison qui a disparu depuis. Ce roman a eu un accueil critique dithyrambique. Grâce entre autres, à Laurent Bonneli, libraire du Virgin Megastore sur les Champs-Elysées et chroniqueur sur France Inter dans l'émission de Pascale Clark, Tam Tam. Pour la petite histoire, depuis l'année dernière, Pocket est censé sortir "Saisie" en poche. Quand ? Je n'en sais rien, les agendas et les priorités de l'édition industrielle sont parfois difficiles à suivre.
En 2002, le vendredi soir, j'allais au Caverne rue Dauphine voir jouer Paul Ives et son groupe de potes. Eric Tressard, Fred Payonne et l'acteur Jean-Pierre Kalfon étaient de la partie. Georgia Ives chantait souvent avec son père. Une décennie plus tard, en novembre 2012, me voilà à voir danser la même Georgia, dans la troupe de Gallota au théâtre de la Ville. Ce qui me fait dire que j'ai bel et bien pris une décennie en pleine tête. Quoi d'autre ? 2005, retour à Los-Angeles. 2006, retour à Paris. 2008, Chicago le temps de la campagne d'Obama et des primaires dans l'Indiana… 2009, presque six mois enfermé à écrire "Le Hold-Up des Silencieux". Nuit et jour à Paris, volets baissés. 2009 la découverte de la Floride en pleine crise immobilière et qui me servira de socle pour "Paradis à Vendre".
2002-2012. Des rencontres. Des velléitaires et des gens extraordinaires. Des traîne-pâtins et des gens qui vous tirent vers le haut. La vie quoi.
5h37. Il faut se mettre en route. C'est un peu tard pour refaire le match d'une époque.

Je me suis donc levé à 5h37. A 7h40, j'ai passé le péage de Fontainebleau. Si l'essence n'était pas devenu un produit de luxe et les péages un racket aussi ruineux, je ferais ça plus souvent : rouler pour faire le point.
Enfin bref. Direction la maternité des livres, chez mon imprimeur, la nouvelle imprimerie Laballery. Et à 7h45 et des poussières, j'ai une pensée pour Paul Ives et Laurent Bonelli, disparus pendant la décennie. J'aurais aimé savoir ce qu'ils penseraient de ce nouveau pas dans ma jeune carrière.
En doublant un convoi exceptionnel, j'ai aussi une pensée pour Antoine Gallimard, capitaine du nouveau Super Tanker Gallimarion.

Ça y est, nous y voilà, en Novembre 2012, je sors mon premier livre en tant qu'éditeur. C'est-à-dire que Stephan Ghreener Productions, ma structure, mon radeau, ma petite barque pour traverser l'océan, publie mon nouveau roman. "L'été des deux pôles". Sortie officielle le 21 Novembre 2012. Le premier opus de ma série noire, French Bricolo, avec mon personnage Greg Vadim.
En fait, la vraie sortie en librairie, c'est le 28 Novembre. Car pour le 21, seules quelques librairies l'ont déjà réceptionné. Je le sais bien, il faudra plus qu'une ou deux semaines pour qu'il soit disponible sur tout le territoire.
9h40. J'y vois comme un signe: j'ai fait la plus grande partie du trajet dans le brouillard. Et arrivé à une dizaine de kilomètres de Clamecy, l'embellie : ciel dégagé, soleil et rosée.
Je songe à Vladimir Dimitrijevic, l'éditeur suisse, fondateur de l'Age d'Homme, mort sur la route à quelques kilomètres de là, en se rendant à son dépôt de livres.
Ce qui frappe en arrivant à l'imprimerie, c'est la sérénité de l'équipe. Je suis fébrile, excité comme un "pouls", un peu fatigué aussi. J'arrive, juste à l'heure pour le calage et un café. 10heures. Le moment de couper le cordon. Ce que je sais déjà: c'est un bébé de 197 grammes. 216 pages. Ce que je peux déjà dire, je connais son prix. 9,70 euros ttc. Je l'ai choisi comme pour un prénom, avec attention. Il devra faire sa vie de livre avec. Et comme je m'étais imposé une fourchette aux alentours de 10 euros, ce premier point est réglé. La typo aussi, le papier ; le titre, la couverture, etc… En fait depuis belle lurette mais face à la machine, j'y repense une dernière fois.
10h05. Quand je passe les portes battantes (eh oui, comme dans une maternité), ce qui frappe avant tout, c'est l'odeur de l'encre. La rencontre avec la machine. Soudain, tout a un sens. Des hommes et des femmes s'appliquent pour que les nuits blanches de l'auteur aient une destinée. Je dois maintenant laisser mon livre grandir. Et Le laisser traverser la route. Comme un grand.
La couverture est prête !
La couverture est prête !
Stephan Ghreener
Rédigé par Stephan Ghreener le Mercredi 21 Novembre 2012 à 23:22