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Paul Ives

Lundi 31 Décembre 2007
hommagetopaulives
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Paul,

Cela fait des jours que je tourne autour du pot, des heures que j'ai peur de ne pas trouver les mots ou la force pour t'écrire. Note bien que l'envie, je n'en manque pas: j'ai eu le privilège de faire partie de tes amis, l'immense plaisir et la grande chance de travailler avec toi. J'ai beaucoup appris à tes côtés, avec tes conseils par la bande, ta passion infinie pour la musique et ton perpétuel émerveillement ("C'est bon ça !"). Mais je n'avais pas prévu que tu ne ferais pas ta rentrée, que nous devrions nous coltiner l'automne et affronter l'hiver sans toi. Ouais, tu nous as sciés sur ce coup-là.

Cela fait des heures que je tourne en rond, mais je ne peux pas attaquer 2008 sans toi, sans t'adresser ces quelques lignes. Si je ne me jette pas à l'eau ce soir, je risque tôt ou tard de me perdre en route, de ne pas être à la hauteur de la joie de t'avoir croisé sur mon chemin, de tous ces petits riens que tu m'as apportés, qui font aussi l'homme et l'auteur que je suis aujourd'hui. Il y a des balises, des points de repères dans la vie, et dans la mienne, tu tenais une place de choix.

L'onde de choc provoquée par ta disparition est toujours perceptible. C'est fou le nombre de gens que tu as marqués, aimés, étonnés par ta présence, ton charisme ou ta passion pour ton métier et ton art.

Nous y voilà, Paul. Il faut bien se lancer. Je n'ai pas peur, non. Je redoutais un peu l'âpreté des premières minutes qui précède la vérité nue, sans fard. Sans détour.
Je voulais finir l'année avec une personnalité hors du commun et je souhaitais commencer 2008 avec toi.
Une pierre deux coups: je m'adresse donc à toi ce soir, et demain tu auras ta rubrique, sur ce blog.

Il y aura du son, de l'image. Faudra que ça pulse. En disant cela, je te revois monter le volume de ta console dans ton coin studio, chez toi, le sourire aux lèvres, bien content que ça sonne juste et fort, carré et good vibes en guise de cerise sur la galette.
Je te rassure hein, pas de panique, cette rubrique c'est la tienne, rien à voir avec un musée.

Je reviendrai sur le concert du 20 Novembre de cette année 2007. Il y avait Eric Traissard, Fred Payonne, Amaury Blanchard, Gilles Erhart, ton groupe quoi. Et puis tous les autres: Monsieur JPK (Jean-Pierre Khalfon), Olivia Adriaco, tout un paquet d'artistes avec qui tu as collaboré, que bien sûr, je me ferai un devoir de citer. Ouais, je reviendrai dans le détail sur cette soirée. Au passage, je tiens à te dire que Georgia nous a offert un festival à elle toute seule. C'est bien ta fille, avec ce même plaisir de se jeter sur chaque note. De toutes façons, Marie-Christine et Georgia étaient magnifiques.
Ce soir-là, quand Eric a ouvert les festivités avec ton "Bonsoir Paris !", j'ai cru qu'on allait tous y laisser des plumes. Une seconde, c'est parfois très long et heureusement, Eric a donné le ton. Et tous les gens sur scène t'ont offert, en guise de remerciements, le meilleur d'eux-mêmes.
Promis, on y reviendra.
Et puis, c'est bien toi, toujours un projet sur le feu ! Il y avait un album en préparation. Le groupe a bien l'intention d'aller au bout. A suivre.
Je te donnerai des news dans cette rubrique, pardon, ta rubrique.

Je dois t'avouer qu'une de mes plus grandes joies de jeune auteur, a été d'écouter, de savourer ce que tu faisais avec mes mots. Ah oui ça, je dois dire, j'étais fier ! Et toujours impressionné par ton énergie et ta rigueur.
Je suis ce soir certes ému mais la dernière fois que je t'avais eu au téléphone, tu m'avais dit, avec ton accent british: "va falloir qu'on se remette à bosser !" Et l'idée même d'y retourner, comme toujours, te rejouissait. Cela se traduisait par un "Génial !" et ton rire inimitable.

Je te le dis, je me suis remis à bosser. Et je sais, notamment grâce à toi, que c'est une grande chance.

Paul, avant de démarrer l'année, deux ou trois petites choses:
1. Bon d'accord, la photo est un peu floue.
2. Je ne comprendrai jamais comment des gens peuvent vivre sans musique.
3. Je resterai à vie marqué par ta façon de te jeter sur chaque note, sur chaque mot. A chaque concert, j'imagine que tu savais déjà que le lendemain ou le surlendemain, tu devrais payer le prix, physiquement, de ce que tu nous offrais. Une vraie leçon de vie, en quelque sorte.

Bonsoir Paris !





Stephan Ghreener
Tags : paul ives
Rédigé par Stephan Ghreener le Lundi 31 Décembre 2007 à 20:29