le blog de Stephan Ghreener
STEPHAN GHREENER
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Bill en tournée c’est encore plus fort que Police. Il n’a pas besoin comme Sting de s’astreindre à une quelconque hygiène de vie. Son yoga à lui, c’est la "zen notoriété".
Le mètre étalon de la notoriété publique, c’est lui.

Jeudi 4 Octobre, il était à Londres et le journal britannique The Guardian (guardian.co.uk) posait la question dès le lendemain : "The Future First husband ?".
Bill était là en campagne pour sa femme et au passage, il en a profité pour faire la promotion de son nouveau livre. Et d’un point de vue strictement marketing, Bill ,lui, sait très bien vendre son parti, sa femme, le futur, le sien et le nôtre. Il est sans rancune. Il ne regrette rien ou si peu. En tout cas, son bouquin a pour titre "Giving : how each of us can change the world" publié par Hutchinson.
"L’impasse" by Bill Clinton, très peu pour lui. Pas son truc.

En fait Bill Clinton, c’est le Richard Branson de la politique, même si question virginité, on ne la lui fait plus.

Il a cette capacité unique (que bien des hommes ou femmes politiques français peuvent lui envier) à effacer les ardoises. (Cependant, pour ne pas verser dans l’admiration béate, il faut lire ou relire le génial "American Rhapsody" du scénariste de "Basic Instict", Joe Eszterhas, paru chez Albin Michel en 2001).

Bill et moi, c’est déjà une vieille histoire. Je l’ai raté de peu la semaine dernière à Londres (un jour de retard sur son programme), mais cela n’a pas été toujours le cas.
Je l’ai croisé sur les marches de l’Opéra Garnier à Paris, en 2003 ou 2004, où il donnait une conférence organisée par une banque. Moi de mon côté, je regagnais le métro. Il m’a salué comme son partenaire de golf ou tous les inconnus qu’il croise autour de la planète.

Mais notre premier contact a été très mouvementé.
Bill et moi, cela a bien failli tourner à la bavure.


Nous sommes en Janvier ou Février 2002. Je m’envole pour Los Angeles avec correspondance à New York. À l’époque, on sait déjà que l’on ne pourra plus voyager avec insouciance mais on peut encore se trimballer avec son tube de dentifrice sans passer pour un "passager à risques". J’étais assis à ma place et tout devait s’enchaîner tranquillement.

Sauf que le vol Air France Paris-New-York attend une bonne heure sur la piste avant de pouvoir décoller. Trop de brouillard. 60 minutes d’attente en bout de piste, c’est long. Et je réalise que cela va être très très court pour attraper ma correspondance à JFK.
En plus ce jour-là, j’avais aux pieds d’énormes chaussures de sport, parfaites pour la circulation sanguine, un peu moins pour passer la sécurité à JFK en un temps record.
Une partie du retard est cependant rattrapée en vol par le pilote. À mon tour de jouer.
A l’aéroport, après m’être déchaussé et rechaussé, je récupère mes bagages. Et une fois ma valise à la main et un sac sur le dos, je me mets à courir.

L’embarquement pour Los Angeles était théoriquement terminé depuis cinq bonnes minutes. Mais bon, je tente. Je cours, je transpire, je souffle. Les types qui cavalent dans les aéroports sont toujours ridicules. Ils donnent même parfois l’impression de fuir une catastrophe naturelle comme des sangliers piégés dans une forêt en flammes. On se pousse sur mon passage, je dois faire peine à voir et peut-être même suis-je inquiétant.

Devant moi, à une vingtaine de mètres, il y a un groupe d’hommes en imperméables qui marche à bon rythme en rang serré. Ma porte d’embarquement est juste devant eux et une hôtesse est encore derrière son comptoir. Je dois les doubler. Je dois prendre cet avion. Je pense basket, je pense rugby, je longe la ligne entre le comptoir et les hommes en impers. Et là, le groupe se retourne. J’ai affaire à des pros armés et musclés. Ils ont l’air un rien chatouilleux.
Il ne manque plus que la bande son pour intensifier la scène. (je propose les premières notes de « Can’t you hear me knocking » des Stones) et un ralenti pour visualiser l’impact. Trois gardes du corps me font face et trois autres couvrent un individu en costume gris.

Si je dégaine mon billet trop vite (j’essaie en même temps de ralentir ma course avec mes 40 kilos de bagages), je risque gros. J’ai la vie devant moi et je ne tiens pas à mourir entre deux vols. Je souris timidement et j’improvise en langage de signes au moment même où l’homme en costume gris se redresse. J’agite mon billet, je regarde ma montre. Traduction : Surtout ne tirez pas s’il vous plait, c’est mon avion et je suis en retard.

Le type en costume gris me sourit, c’est Bill, Bill Clinton en chair et en os. Même pendant ces secondes critiques, il fait son show, il est lui-même en fait. Et c’est là sa force. Il est toujours lui-même !
Il me fixe quelques secondes en rigolant l’air de dire : je t’ai bien eu, tu as eu peur, hein ? Ce n’est rien, c’est juste moi. Vote pour moi, crois-moi, file-moi cent dollars à mon prochain dîner de charité, suis-moi et tout ira bien.

Et effectivement tout s’est bien passé. Il s’est installé en première, j’ai continué mon chemin vers la classe "éco" tout en jetant un œil à l’hôtesse (va-t-elle faire craquer Bill dans son uniforme bleu ?).

À l’arrivée, Bill Clinton a été applaudi à sa descente d’avion.

Le lendemain, à Los Angeles, ironie de l’histoire, je croisais Monica Lewinsky dans un Starbucks Coffee. Un silence pesant s’est installé dans la salle quand sa notoriété l’a rattrapée.
Puis des chuchotements avant la sortie finale: C’est elle. Qui ? Bah Monica ! Ah oui , c’est elle.
J’ai cru voir l’ombre d’une histoire plus glamour filer sur les murs jusqu’à la porte de secours. Un type appelé JFK et une météorite blonde…
Et comme Marilyn Monroe effrayée par sa propre image, Monica est partie dans la hâte sans son café latte.



Stephan Ghreener
Tags : bill clinton
Rédigé par Stephan Ghreener le Mercredi 10 Octobre 2007 à 12:11